
Depuis le début du mois, le LKP mit en évidence une arnaque mise en oeuvre par le Groupe Bernard Hayot dans son réseau Carrefour. Plus précisément celui de Destreland. Il s’agit d’un bactéricide vendu pour 500 fois son prix d’achat et qui ne fonctionnerait pas. Ce matin, ce produit fit son apparition dans les rayons de Carrefour Dillon – Martinique
Comment faire pour éviter le dérapage ?
Dans ce cas-ci, c’est impossible, car les arbitres se torchent avec la loi.
Comment ?
Où est passé le principe de précaution, prôné fièrement par le gouvernement français ?
- question bête, nous le savons avec les nombreuses affaires des antennes-relais de téléphonie mobile…
Le groupe syndicaliste de Guadeloupe a mis en évidence plusieurs points importants en matière de consommation. Mais avec deux points essentiels, on peut voir que l’on se fout royalement de nous.
1) – Le prix du produit est 500 fois plus élevé que son prix de revient.
Ben n’importe quel capitaliste peut vous dire à juste raison : “Et alors… c’est du commerce…”. Pourquoi avoir défilé dans les rues de Fort-de-France, Pointe-à -Pitre, Cayenne et Saint-Denis en criant “à bat la vie chère… Nous voulons une réglementation des prix…” et de les laisser faire ?
Quiconque achète ces produits au prix actuel, prouve qu’il est bel et bien un crabe. Et que cela ne vaut pas la peine de se battre pour son prochain, et encore moins pour ses enfants.
CQFD
2) – Le produit incriminé est douteux, et n’a pas les propriétés indiquées
Un produit dont l’utilisation – toujours selon l’étude mentionnée plus haut – n’a “montré que peu ou pas de réduction du nombre de bactéries” (Lucky Hand Sanitizer : showed little to no reduction of bacteria count after use).
Cela s’appelle de la publicité mensongère !
Cette publicité est nocive, car elle se trouve sur le flacon.
Quand on parle de “publicité mensongère”, il ne s’agit pas seulement de faire des réclames sur les médias. Mais bel et bien quel que soit le support.
Art. L.121-1 – Est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications ou présentations fausses ou de nature à induire en erreur, lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs des éléments ci-après ; existence, nature, composition, qualités substantielles, teneur en principes utiles, espèce, origine, quantité, mode et date de fabrication, propriétés, prix et conditions de vente de biens ou services qui font l’objet de la publicité, conditions de leur utilisation, résultats qui peuvent être attendus de leur utilisation, motifs ou procédés de la vente ou de la prestation de services, portée des engagements pris par l’annonceur, identité, qualités ou aptitudes du fabricant, des revendeurs, des promoteurs ou des prestataires.
C’est comme si vous utilisez des préservatifs troués dans un pays où il y aurait 80% de MST.
Et mieux, les responsables du Groupe ont pu répondre sur Bondamanjak.com :
L’efficacité de tels produits ne peut pas être mise en cause sur la base d’un test unique, réalisé voila plus de deux ans, par une association privée non habilitée au niveau national. L’alerte de la grippe AH1N1 et les recommandations des services de santé publics nous incitent à proposer à la vente ce type de produit. Pour éviter la propagation des bactéries, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSPAS) préconise soit l’usage de savon et d’eau soit l’usage de solutions et de gels hydro-alcooliques contenant une dose suffisante d’alcool, ce qui correspond aux produits que nous commercialisations. Carrefour Destreland mettra en place dans les jours à venir une gamme élargie de produits de lavage antibactériens, afin de proposer un choix maximal à ses clients.
Et sur France Antilles c’est encore plus clair :
Mais pas question, comme le demande le LKP, de retirer le gel de la vente. La loi ne le permet pas, comme l’explique le représentant de l’État, car « s’il est possible que le produit puisse être inefficace et donc non conforme à la norme, sa composition ne peut en aucun cas lui conférer un caractère dangereux lors de son utilisation au contact des mains »
C’est comme si vous allez à la guerre avec un gilet pare-balle en carton.
S’il y a une épidémie, et qu’un homme vous propose de vous protéger avec un produit, et que ce dernier ne fonctionne pas. Comment nomme-t-on cet acte ?
Et s’il est au courant, comment cela s’appelle-t-il ?
Si un homme de loi, ou un représentant d’état a quelque chose à interpréter ici, c’est bien qu’il se torche avec la loi.
Je n’accuse personne pour l’instant, mais il existe un principe de précaution dans cet état qui est toujours un état français (aux dernières nouvelles). Il existe bien une “Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) “. Il existe bien un accord signé pour interdire (je rêve), limiter les excès commerciaux depuis “le 5 février”.
Art. L.121-2 – Les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, ceux de la direction générale de l’alimentation du ministère de l’agriculture et ceux du service de métrologie au ministà re de l’industrie sont habilités à constater, au moyen de procès-verbaux, les infractions aux dispositions de l’article L.121-1. Ils peuvent exiger de l’annonceur la mise à leur disposition de tous les éléments propres à justifier les allégations, indications ou présentations publicitaires. Ils peuvent également exiger de l’annonceur, de l’agence de publicité ou du responsable du support la mise à leur disposition des messages publicitaires diffusés.
Alors messieurs, quelques soit votre camp, faites votre travail et arrêtez de nous empoisonner (vous avez la mémoire courte) !
