Les actualités du jour étant très denses, comme par hasard, vous risquez de louper quelque chose d’extraordinaire. C’est un moyen parmi d’autres pour étouffer un mouvement légitime.
Quand, nous les Antillais, pestons (encore et encore) contre les injustices et la profitation, nous sommes à des années lumières de la réalité. Cela n’empêche pas à certains de nous traiter de râleurs…
Nous avons constaté que les grandes surfaces se faisaient des marges de 300 à 800 % sur les produits importés de “première nécessité”… Encore une fois, nous sommes loin du compte.
En Métropole, les agriculteurs renforcent leur mouvement.
Tout commença avec les producteurs de lait le 18 mai dernier. Plus de 12 000 producteurs de lait bloquent les accès de 81 laiteries, le lundi 25 mai… Selon les agriculteurs, le prix du lait payé aux producteurs est de 30 % inférieur à celui d’avril 2008. Ils réclament un prix oscillant autour des 300 euros les mille litres, alors qu’il est actuellement autour de 210 euros. Le 4 juin dernier, un accord fut signé pour 280 euros en moyenne les mille litres (e24!).
Allez leur expliquer que la crise dévalue le coût de la production (ou quelque chose du même genre)…
Quel que soit le domaine agricole, les grandes distributions font du chantage aux producteurs et imposent leurs tarifs sous prétexte de s’adresser ailleurs…
Vue de nos îles, 280 euros pour 1000 litres de lait; cela nous laisse un os géant au travers de la gorge, simplement parce que la brique de lait est entre 0,69 euro et 1,20 euro.
Caricature de Rhodo – http://blorg.canalblog.com/
L’emballage justifie-t-il ces prix? Surtout que certaines marques font venir le lait des pays de l’est de l’Europe, d’Espagne, et même d’Australie. S’il existait une quelconque préférence territoriale, il n’y aurait surement pas une telle grogne.
Comme ils l’avaient annoncé, les agriculteurs ont décidé de perturber, voire empêcher, le bon déroulement des circuits d’approvisionnement de la grande distribution.
C’est une nouvelle fois le conflit sur les “marges” qui est au cÅ“ur de cette protestation, les grandes surfaces étant accusées de faire baisser les revenus des exploitants agricoles.39 plate-formes étaient bloquées à 22h30, selon la la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), à l’origine du mot d’ordre (France-Info : 11.06.2009).
Mais de toute façon, la profitation est internationale. Après avoir donné aux banques plus de 1000 milliards d’euros comme prime d’incompétence, il est évident que nos efforts seront récompensés par des licenciements et en prime, des départs en retraite sans solde.
N’oubliez pas, le mot d’ordre en France métropolitaine depuis avril 2009 est de ne point prononcer le mot “Collectif” désignant l’association de quelconque groupe syndical… Jusqu’où pourront-ils tenir ?
