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Martinique : Les représailles de l’après grève.

5 avril, 2009 Catégorie: A la une, Au quotidien écrit par: ConsoDom

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Après les 35 jours de grève à la Martinique, les accords signés sont restés en travers de la gorge des profiteurs. Inutile de parler de complots, les faits sont évidents. Cette fois, on voit très bien qu’il existe des ententes dans cette classe dite “économique”.

Aujourd’hui, je ne mâcherai pas mes mots, car, dans ce système, toute la classe “laborieuse” est concernée.

Tout ceci commence une fois de plus avec les banques. Durant la mobilisation sociale, elles ont continué à fonctionner. Il y eut des milliers de virements bancaires rejetés. Quand vous vous adressez aux responsables, comme toujours, ils parlent d’opérations automatisées. Mais quand vous observez bien votre relevé, vous constatez que vous vous faites voler. En effet, nous sommes taxés de “frais d’intervention”. Comment accepter de payer des frais d’interventions alors que les employés étaient sensés être en grève ou en arrêt de travail ?

Autant que les revendications fusaient de partout; nous serons, nous aussi, assiégés par des frais et des escroqueries dignes des plus grands truands.

Suite à la reprise, nous constatons que la plupart des responsables de grandes enseignes n’ont rien à foutre de la situation de crise. Vous êtes nombreux à nous signaler des doubles versements de chèques, alors que vous avez effectué des achats avec des échéances plus ou moins longues.

Ces mêmes entreprises qui, dès demain, n’accepteront plus les chèques comme moyen de paiement à cause des rejets bancaires. De qui se fout-on ?

Le quotidien régional annonçait aujourd’hui que le Groupe Ho Hio Hen n’accepterait plus les chèques (lire l’article)… Ha ! Le représentant du patronat (MEDEF), n’arrêtait pas de crier à qui veut l’entendre que les manifestants sabordaient l’économie de l’île. À lire cet article, on reconnait clairement le saboteur.

Quoique 3H, apporte vraiment quelque chose dans notre système économique, il n’en est pas moins qu’il pratique les mêmes méthodes que les profiteurs. En tout cas, ils ne sont pas les premiers à tirer sur l’ambulance. Mais bien à subir les dommages collatéraux. Quoi qu’il en soit, c’est bien nous les comateux qui sommes dans l’ambulance.

Les plus forts doivent montrer l’exemple. Mais ce n’est pas le cas. Il serait intéressant d’avoir le nom des actionnaires et des hommes de paille des banques antillaises.

Une banque, ça ne perd pas d’argent ! Ils ne peuvent avoir que du manque à gagner.

Si vous avez déjà lu les autres articles sur ConsoDOM, vous comprendrez pourquoi les banques sont les premières concernées dans l’économie des Antilles.

C’est un mal pour un bien. Chers amis, ne payons plus avec les chèques, sauf si nous n’avons plus le choix. Cela nous évitera de payer des frais, et ainsi de nous libérer de cet esclavage. Les frais bancaires nous font entrer dans un cercle vicieux qui nous fait travailler pour payer nos dettes; ainsi donc, nous perdons nos acquis. Le capitaliste se frotte les mains, et l’esclavagiste démontre que son esclave est un drogué.

Si vous avez fait partie de ceux qui se sont révoltés contre la profitation, vous comprendrez…

Oui, nous sommes des junkies ! Oui, nous qui avons tout oublié de cette révolution du 5 février 2009, en revenant dans notre petit confort matériel, nous gavant de produits d’importation sous prétexte que c’est moins cher. Démontrant encore une fois que les esclavagistes ont raison.

Sachez que quand je parle d’esclaves, il ne s’agita pas de nègres, mais bien de Martiniquais (et Antillais) drogués à la consommation abusive. Il serait très facile de jeter la pierre aux acteurs du mouvement social; il y a des imbéciles qui pensent qu’il s’agit des membres du “collectif5 février”… Je vous rappelle que se sont de syndicats, et les syndicats sont des délégués des travailleurs. Donc jetez-vous la pierre sur vous-même ?

ConsoDOM prend tout sont sens. Le combat ne fait que commencer.

Démonstration :

fevrier2009

Des lecteurs de ConsoDom nous ont envoyé des relevés de banque afin de prouver leur bonne foi. Celui-ci est particulièrement explicite.

Comme vous le savez, la CAF ne fonctionnait pas bien depuis le début de l’année. De nombreux allocataires s’en sont plaints d’ailleurs. Afin de pallier leur manque de compétences, ils leur envoyèrent des notifications de déclaration revenue trimestrielle accompagnées de requêtes d’attestations complémentaires auprès des ASSEDIC, pour ceux qui ont travaillé en décembre. Galère !

Concernant les manifestations, il s’agissait d’une grève générale. Or, la loi stipule une obligation de préavis pour toute grève. Dans le secteur public, ce préavis doit être reçu en général 5 jours avant le début de la grève. Il n’y a pas véritablement de règles établies. Pour la Martinique, nous savions très bien qu’il y aurait grève dès la fin du mois de décembre.

Les banques et les financiers de l’île avaient déjà programmé leur anticipation. Toutes les autorisations de découvert ont été annulées en janvier. Seuls les salariés ayant un revenu constant et conséquent ont eu droit à un renouvellement, pour peu qu’ils aient eu le temps de faire cette demande. Mais le mal était déjà fait: les gestionnaires ont effectué des rejets en précisant que ces autorisations étaient valables 1 an…

Revenons à notre consommateur.

Comme vous pouvez le voir, les impôts ne se sont pas encore servis, mais pas la banque. Notre lecteur est allocataire à la CAF, en général les virements s’effectuent le 5 du mois. Cet allocataire n’a pas eu le virement de janvier…

La banque n’est pas là pour écouter nos soucis, donc nous remarquons en bas de page, des frais prélevés à cause sans doute de rejets ou de découvert du mois précédent.

Ensuite nous voyons clairement un fonctionnement normal. Et des prélèvements de frais de 20 euros.

Les frais sont plafonnés en cas de rejet de :

- chèques :
Les frais ne peuvent excéder 30€ pour les chèques inférieurs ou égaux à 50 € et 50 € pour les chèques supérieurs à 50 €.
Lorsqu’ un même chèque est présenté en paiement plusieurs fois dans un délai de 30 jours et qu’il est rejeté successivement, ces opérations ne peuvent être tarifées qu’une seule et unique fois. Au demeurant, le plafond tarifaire intègre tous les frais quelles que soient leurs dénominations et leurs justifications.
(Art 312-1-1 alinéa dernier du CMF modifié par la loi du 5 mars 2007 et complété par le décret du 15 novembre 2007, applicable à compter du 16 mai 2008).

- prélèvements et autres moyens de paiement :

- Lorsque le prélèvement est inférieur à 20€, les frais ne peuvent excéder le montant de cet ordre.
- Et pour les opérations supérieures à 20€, la tarification est plafonnée à 20€.

Le plafonnement intègre tous les frais quelles que soient leurs dénominations et leurs justifications.
(Décret 15 novembre 2007, applicable à compter du 16 mai 2008).

Nous pouvons en déduire, que la banque a fonctionné de façon automatique depuis février 2009, et que les 20 euros doivent être les frais inhérents aux rejets des prélèvements automatiques.

Tout est normal, mais quand vous faites la somme des frais prélevés sur notre lecteur, soit 206.20 euros, il est clair qu’il sera en difficulté le mois suivant. En effet, il nous a signalé la présentation de 2 échéances en chèque d’un distributeur spécialisé en mobilier et électroménager.

Nous voyons aussi que le virement CAF arrive bien tardivement. Cette administration qui se plaint de bien des choses. Cette administration qui est le centre des polémiques quand il s’agit de parler des déficits des DOM-TOM… Cette administration qui comme vous le voyez est aussi responsable du surendettement d’une partie de la population.

Nous sommes dépendants d’une chaine financière très fragile. Dès lors qu’un acteur (maillon) de cette chaine est en difficulté, le consommateur est pénalisé. On se retrouve systématiquement surendetté lors que l’on gère ses finances sans prévoir les coups durs. Mais comment faire, puisque le peu que l’ont réussit à épargner passe dans le règlement de frais?

Comment un RMIste peut-il épargner ? Comment une mère de foyer peut-elle élever ses enfants quand le tiers de ses revenus passent dans des frais bancaires ? Tant de questions qui ne feront que polémiques. Les polémiques sont le quotidien des politiciens. Ne faisons pas de politique, agissons.

Nous voyons que le surendettement des Antillais ne provient pas forcément d’eux même.

Il serait judicieux que le fonctionnement bancaire soit revu lorsqu’il s’agit de clients dépendants des revenus sociaux. La banque n’est pas la soupe populaire, elle fait partie d’un système capitaliste.

Contrairement à ce que disent certains (voir discours présidentiels), le capitaliste ne cohabite pas avec humanisme. C’est l’un ou l’autre. Mais ce qui est en commun est l’homme qui dirige, car il y a toujours un homme derrière chaque transaction financière. Celui qui vous dira le contraire est un menteur (sinon remboursez-nous tous les frais de décisions).

Ne cédons plus à la tentation, prenons les devants.

Évitons de payer par chèque. Ce sera bénéfique pour notre santé.

  • plus d’économie : nous obligeant à comparer les prix avant d’acheter, revoir les conditions de vente, moins de frais bancaires (même si le chéquier est gratuit, les mouvements ne le sont pas), pas d’argent : pas d’achat
  • moins de stress : se concentrer sur d’autres sujets de la vie, le stress est néfaste pour la santé
  • responsable et solidaire : les magasins n’auront plus d’arguments pour leurs pratiques prohibitives, participer à l’expansion de l’économie locale
  • sortir de l’esclavage économique : ne consommer que ce que l’on a réellement besoin, ne pas céder à la tentation d’acheter pour combler des besoins inexistants, limiter sa consommation : prendre l’avantage sur les profiteurs
  • fier et intègre : mettre en valeur le mérite du travail rémunéré, ne plus dépenser de l’argent que l’on n’a pas

En tout état de cause, le paiement par chèque tel que l’on connait est appelé à disparaitre. Le système différé devra laisser la place à une autre forme. Qui sait, le chèque électronique avec débit immédiat dominera…

Merci de votre attention

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