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Samedi 4 Septembre 2010

Martinique : les petits commerçants en danger ?

10 mars, 2009 Catégorie: Actualités, Commerce écrit par: ConsoDom

Avec la grève générale à la Martinique et à la Guadeloupe, il est évident que les petits commerçants subissent les conséquences. Qu’en est-il véritablement ? Comment faire face aux difficultés ?

Les briseurs de grèves ne manqueront pas d’enfoncer des portes ouvertes en déclarant : “Les petits commerçants paieront pour l’immobilisation du pays”.

Soyons objectifs :

Comment générer du déficit quand tout le pays est immobilisé ? Car on est bien dans une grève générale.

Chaque année 20 % des entreprises locales disparaissent. Mais autant se recréent; voir plus.

Serait-ce les antillais qui sont plus stupides que les autres ?

Il est clair, qu’en un mois (ou deux), de grève, on devrait constaté l’inextricable déclin de l’économie… Lors d’une grève, les salaires sont versés aux employés normalement?

Comment peut-on payer des frais dans un système totalement arrêté ? Cela devient très bizarre.
Les dommages devraient provenir de :

  • produits périssables
  • salaires
  • frais de fonctionnement (pas possible, tout est arrêté)

Toute bonne entreprise devrait être assurée en cas d’atteinte au bon fonctionnement; que ce soit la destruction de ses produit, de catastrophes diverses ou d’un immobilisation temporaire. Or, une grève est bien une immobilisation temporaire.

Mais le malheur pour nos petits commerçants est le manque d’informations pour 80% d’entre eux. Nous nous faisons balader à longueur de journée pour du pain, alors imaginez un commerçant ou un artisan qui voudrait trouver une Société d’assurances qui voudrait le couvrir en cas d’interruption temporaire d’activité.

Déjà, lors du processus de création, ils font face à un véritable parcours du combattant. Précisément quand il s’agit de financement d’outils de travail. Car pour le mobilier, ou d’autres biens matériels, il n’y a pas vraiment de problèmes.

Dans le cas d’une grève de grande envergure, les patrons “jouent la montre” car, afin qu’ils soient indemnisés par leurs assurances,  il faut 32 jours d’immobilisation minimum (pour les pertes d’exploitation). Et comme souvent aux Antilles, lorsque vous n’êtes pas informé, votre patron vous dira qu’il ne peut pas vous payer. Ce qui est relativement faux. En général, ces assurances sont chères; seules les grandes entreprises peuvent se permettre d’y cotiser. Pour les autres, il existe des assurances qui ne couvriront qu’une fourchette de 25 à 60%. Mais c’est quand même bien.

Exemple d’évaluation d’une indemnité perte d’exploitation

Une entreprise devait faire des ventes pour 12 millions € avant qu’elle soit victime d’un incendie.

L’analyse de ses charges comptables rapportées à ses résultats passés montre :
- des frais variables selon le niveau des ventes de 60% soit : 7,2 millions €
- les frais fixes supportés même en cas de sous activité ou d’arrêt total sont de : 3 millions €
- et un bénéfice avant impôts : 1,8 millions €.

L’incendie a eu pour conséquence de faire perdre 50% des ventes avant de retrouver un niveau normal. Sur les 6 millions € de ventes perdues :
- les 60% d’achats variables du chiffre d’affaires perdu n’ont pas à être indemnisés puisqu’il n’ont pas été engagé,
- sur les 3 millions € de charges fixes, 50% correspondant aux ventes perdues doivent être indemnisés soit 1,5 millions €,
- sur les 1,8 millions € de capacité bénéficiaire, 50% correspondant aux ventes perdues doivent être indemnisés soit 0,9 millions €.

Ainsi, la perte d’exploitation indemnisable est de 1,5 + 0,9 = 2,4 millions, ce qui permet à l’entreprise de rétablir son bénéfice à 1,8 millions €.

Source: ContrExpert.com

Dans tous les cas de figures, l’indemnisation nécessite toujours une expertise financière.

Il existe une multitude de méthodes et de services d’assurances pour l’indemnisation des pertes d’exploitation. Rapprochez vous de votre Chambre de Commerce départementale et d’une société spécialisée.

En ce qui concerne les entreprises locales, plus de 70% des entreprises locales sont composée d’entrepreneurs (entreprises individuelles), et 60% d’entre elles n’embauchent aucun salarié (les chiffres de 2003-2006 sont d’actualité avec 5% de tolérance).

  • Document DRIRE sur les entreprises en Martinique
    Télécharger : Les entreprises en Martinique


En s’attaquant aux grandes entreprises dites “profiteuses”, la population “passive”, ainsi que les syndicat ont touché du doigt un problème ayant toutes ses chances de trouver une issue positive. Car les grandes distributions ne représentent que 4% de la superficie commerciale.

Nombreuses sont les représentants des petites entreprises qui ont participé aux défilés dans les rues. Ce serait un drame économique sans précédent si ces entrepreneurs n’étaient pas informés, assistés, et écoutés avant, pendant et après la grève générale… Ce sont ces entrepreneurs eux-mêmes qui sont aussi à l’initiative du mouvement puisque leurs fournisseurs sont les grandes distributions qui monopolisent l’économie des îles des DOM-TOM.

Les commerçants en danger, sont ceux dont les frais continuent à courir, malgré l’arrêt de toute activité dans les îles… Ceux qui sont en danger, sont ceux dont les dirigeants n’ont aucune communication avec le peu d’employés qu’il ont. Car nous sommes tous dans le même bateau. C’est une opportunité d’apprendre à négocier…

Pourquoi ne pas mettre les employés en demi-solde et rembourser progressivement après la grève (50 à 100 € de plus chaque mois) ?

Ce qui est clair, c’est que c’est dans les situations de crise que l’on voit nos réelles compétences et notre habilité à retomber sur nos pattes (tels les chats).

Si vous êtes artisans, commerçants, indépendants, concernés par cette crise, par pitié rapprochez-vous des cellules du Collectif syndical dédié à votre secteur d’activité. Cela vaut mieux que de se faire passer pour des pleurnichards à la radio ou à la télé: ça ne fait qu’accentuer l’idée de l’incompétence et de l’ignorance des commerçants Antillais, que se font les auditeurs.

Renseignez-vous ! Il n’y a pas de honte à poser des questions; il n’existe pas de questions bêtes.

Le succès vient du savoir…

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Un commentaire pour: “Martinique : les petits commerçants en danger ?”

  1. FAPEM dit:

    bravo pour ce commentaire, organisation professionnelle que nous sommes, nous assistons au cavalier seul des TPE qui ne s’adressent qu’aux médias??? ils n’ont pas compris que “ON EST JAMAIS GAGNANT TOUT SEUL” ; chacun pense qu’il fera du chiffre tout seul et qu’il réglera ses problèmes tout seul !!! malheureusement :
    L ARGENT N’EST PLUS DERRIERE LE COMPTOIR !!

    PS : quid des 400 produits BCBA ?

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