Le site du quotidien Le Monde fait paraître un article qui éclaire ses lecteurs sur le côté obscur du pouvoir économique des Antilles. Ce n’est pas un article qui enfonce les portes ouvertes; car l’agitation sociale est bel et bien arrivé. Les Antilles n’ont fait qu’anticiper le moment.
Les Antilles sont la représentation à l’échelle réduite de la France, ou de n’importe quelle métropole cosmopolite. Mais les journalistes veulent toujours faire passer nos revendications pour un caprice identitaire. Mais il s’agit bel et bien d’un raz-le-bol d’être des esclaves, ignorants, masochistes, etc. Il s’agit bel et bien de révoltes de consommateurs exploités et conditionnés. Et s’est prouvé !
Souvenez-vous. Toutes les manifestations sociales en France, commencent après la vague de froid hivernale. Cette fois-ci, les étudiants, les chercheurs, et quelques autres délaissés ce sont mis à l’ouvrage. On n’a pas vu les agriculteurs tout simplement à cause du salon… Mais ça viendra.
La crise mondiale n’épargnant personne, le gouvernement savait très bien ce cette année aurait été très “difficile”. Et normalement, nous ont passé la pommade avec : “Il va falloir faire des sacrifices… Ensemble nous y arriverons… La crise est pour tout le monde… ” et j’en passe. Nos gouvernants savaient très bien que le peuple allait bouder. Mais pas à lui reprocher de laisser s’accumuler les problèmes et se cacher derrière la crise.
Et oui ! C’est bien là le problème. Les dossiers s’entassent, on temporise pour laisser pourrir la situation. On attire le regard ailleurs. Résultat le peuple ne sait où tourner la tête. Le peuple Antillais a anticipé cette fois-ci (ou s’est laissé influencer).
Mais l’article de Béatrice Gurrey et Benoît Hopquin (Le Monde.fr), nous prouve qu’il ne faut pas mettre tous les journalistes dans le même panier (quoi que… tardivement).
La caste en a vu d’autres, pourtant. Depuis le début de la colonisation, les familles possédantes des Antilles ont connu bien des révoltes d’esclaves, bien des jacqueries d’ouvriers agricoles, des grèves d’usines, des blocages de centres commerciaux. Elles ont à chaque fois laissé passer ces cyclones, négocié ou fait donner les “moun bleus”, gendarmes et policiers. Il y a eu des morts et des augmentations de salaires. Puis tout est rentré dans l’ordre. Le leur.
“Puis tout est rentré dans l’ordre. Le leur.” – c’est la clé. Cet ordre ne se fait pas sans dirigeants. Ces même dirigeants qui vont leur donner encore une fois des fonds pour les domages subits, au même titre que les subventions pour importer des produits alimentaires dans les iles au lieu de produire…
Cette fois, les agriculteurs du continent, verront clairement qu’il ne sont pas les seuls dans cette situation. Car proportionellement, si ils arrivent au même point que les DOM, il disparaîront.
Nous savons que cela ne fait que commencer. Certains ont ouvert la boîte de pandore afin de crever l’absès, mais l’effet boule de neige n’arrangera personne. Il faut régler d’abord ce qui est en suspend !
